Florent Cousineau
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L'arbre est dans ses feuilles
20 jun 2002

Auteur: Nathalie Côté

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C'est la quatrième édition de la Biennale d'art actuel de la Maison Hamel-Bruneau. MARIE-JOSÉE COULOMBE, FLORENT COUSINEAU, MURIELLE DUPUIS-LAROSE et RICHARD MILL sont intervenus dans les jardins.
Avec Paysages et autres fictions, la commissaire Lisanne Nadeau nous invite à repenser le paysage. Et les oeuvres, tant celles présentées dans la Maison Hamel-Bruneau que celles occupant les jardins, participent à la réflexion. Le paysage, comme notre regard, serait historique et culturel. Tel que l'écrit Anne Cauquelin, citée en épigraphe par la commissaire: "Le paysage n'est autre chose que la présentation culturellement instituée de cette nature qui m'enveloppe." Pas si simple que ça donc: "On dit qu'en Occident, écrit Lisanne Nadeau, c'est avec la Renaissance que l'homme, se plaçant au centre de tout, a inventé le paysage. [...] Le paysage se peaufine ainsi au fil des siècles afin de parler de nos liens avec l'environnement naturel, de la place qu'on voudra accorder à l'être humain qui l'observe." Et la question que Lisanne Nadeau pose est la suivante: "À l'heure des pixels et du cyberespace, quelle place occupe aujourd'hui le paysage dans notre imaginaire?"

Marie-Josée Coulombe procède avec une méthode, quasi laborieuse, pour mieux faire face aux facteurs humains et naturels qui transformeront son oeuvre. Une photographie altérée par de multiples manipulations numériques a été rigoureusement reconstituée à l'aide de 2000 tiges de métal couronnées de petits miroirs ovales et plantées sur une magnifique surface de 390 m2 de gazon: "Je veux que mon oeuvre soit transformée par le temps, par la couleur du temps, plus qu'elle ne transforme le paysage." On retrouve là à la fois un désir de maîtrise et d'abandon. À l'instar de Coulombe, Florent Cousineau a planté au sol d'étranges plantes. Ici aussi, l'oeuvre s'intègre subtilement au lieu. Çà et là, il a dispersé des tiges de métal torsadées aux bouts desquelles des yeux magiques (judas) pointent certaines parties du ciel et des arbres. Ce sont des lunettes inusitées qui cernent différents points de vue chers à l'artiste. Par le dispositif optique, le paysage est envisagé comme un objet de contemplation.

Avec l'intervention de Richard Mill, ce sont les phénomènes physiques qui sont sous la loupe de l'artiste. C'est un peintre aguerri, mais un jeune sculpteur. C'est aussi sa première expérience d'intervention dans la nature: "J'ai voulu synthétiser l'idée du paysage dans ce qui me semble important: l'horizontale et la verticale." Et Mill dessine dans l'espace! Un lourd crochet de grue fixé au bout d'une corde est suspendu à la branche d'un grand chêne. Le tout soutenu par une poulie et une ancre fixée au sol. Voilà pour la verticalité. Puis, il a trouvé l'horizontale parfaite en installant une poutre de métal remplie d'eau équilibrée par des blocs de bois. Un plaisir pour l'oeil et l'esprit. Davantage de l'ordre du privé, la proposition de Murielle Dupuis-Larose est le résultat de son travail vidéographique réalisé lors de sa résidence au centre culturel Cyprès de Marseille. Elle occupe, avec des images lentes et intimes, la dépendance du cottage anglais. Un bâtiment, comme le dit si bien Lisanne Nadeau, qui fait aussi partie du paysage...


 
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