Florent Cousineau
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Un phare sur la nordicité
18 déc 2003

Auteur: Vaillancourt, Claude

L'hôtel Boréal, dont l'ouverture n'aura vraisemblablement pas lieu avant mars 2006, se voudra, depuis sa ligne de démarcation entre la basse et la haute ville de Québec, un phare sur la nordicité. Construit à même l'ancienne église Saint-Vincent-de-Paul, en haut de la côte d'Abraham, son clocher, enrobé d'une sculpture de plaques de verre, sera visible des pentes de ski du Relais, de Stoneham et du mont Sainte-Anne.

"Tout le concept veut témoigner de la nordicité qui nous entoure", ont témoigné au SOLEIL l'architecte au dossier, Pierre Martin, et le concepteur de cette sculpture environnementale, l'artiste Florent Cousineau. Même le nom choisi par le propriétaire de l'établissement, Jacques Robitaille, reflète le concept adopté après de nombreuses sessions de travail.

Coincé jusqu'à maintenant dans un environnement hostile, à la suite de la construction de l'autoroute Dufferin-Montmorency il y a plusieurs années, l'ancien patro va maintenant se retrouver dans un site exceptionnel. L'entrée de l'autoroute est devenue le boulevard Honoré-Mercier alors que sur le flanc sud, la construction de la Promenade du coteau Sainte-Geneviève par la Ville de Québec, et du gigantesque escalier que pourrait réaliser le gouvernement français, dans le cadre des célébrations du quatrième centenaire de Québec, donnera une perspective toute nouvelle à l'emplacement.

"On suit l'évolution de ce dossier pour finaliser nos plans", affirme l'architecte, dont les travaux ont jusqu'à maintenant marqué la transformation du quartier Saint-Roch : l'ancienne Dominion Corset devenue La Fabrique, le vieil édifice du Soleil, la Place de l'Université du Québec (les jardins Saint-Roch) et l'immeuble du Syndicat où déménagera LE SOLEIL l'été prochain. Selon M. Martin, du Groupe Gestapec, un délai d'un an s'avère donc réaliste pour produire les plans définitifs qui devront alors être approuvés par la Commission d'urbanisme de la Ville de Québec.

"On a un accord de principe sur le concept proposé par M. Robitaille", a signalé de son côté la conseillère Odile Roy, responsable de ce type de dossier auprès du comité exécutif de la Ville. "Sans quoi, il n'aurait jamais obtenu le permis pour démolir les immeubles avoisinant l'ancien patro."

Autorisé par le promoteur à dévoiler les lignes directrices du concept, l'architecte Pierre Martin a carrément démenti les informations publiées par le Journal de Québec, ces derniers jours, d'après lesquelles l'hôtel Boréal entendait rivaliser avec le Château Frontenac au niveau de ses services. "Ce sera un hôtel quatre étoiles, de 250 à 300 chambres, dont le coût de construction devrait être d'environ 25 millions et non pas 40 millions $. On est loin d'une compétition avec le Château. L'esquisse que ce journal a publiée remonte à nos premières réflexions et ne correspond pas à ce qui est sur la planche à dessin maintenant."

S'ajouteront une piscine intérieure, une palestre et quelques salles de réunions. "Ce ne seront pas des salles de congrès", spécifie l'architecte. Quant au nombre de places de stationnement, il sera d'environ 350 sur trois étages et demi, au sous-sol de l'immeuble.

La tour

Si l'architecte se pâme déjà de la vue sur la ville et sur les couchers de soleil dont seront témoins les visiteurs, il laisse à l'artiste Florent Cousineau le soin d'expliquer l'oeuvre qui agrémentera le clocher inutilisé. "Ce sera, à mon sens, une oeuvre unique en Amérique du Nord. Le clocher, d'une quarantaine de pieds de hauteurs, sera entouré de plaques de verre qui produiront un mouvement de lumières semblable à celui des aurores boréales. Le jour, on pourra apercevoir l'ancien clocher à l'intérieur, alors que le reflet du verre sera perceptible au loin. Le soir, grâce à l'utilisation de la fibre optique et de principes lumineux, on aura l'impression d'apercevoir une aurore boréale. Je reviens tout juste de Yellowknife pour m'imprégner des aurores et traduire leurs légers et subtils mouvements."

Pour lui aussi, l'oeuvre est loin d'être terminée. "Je devrai faire appel à des ingénieurs pour calculer tous les impacts des vents qui, dans ce secteur et à certaines périodes de l'année, peuvent atteindre les 125 km/h.

L'artiste et l'architecte se réjouissent de la collaboration de la Ville de Québec dans la phase de conception du nouvel hôtel.

M. Martin assure que les huit étages de l'hôtel s'harmonisent parfaitement avec l'ancienne église. "Ça reste dans les proportions, insiste-t-il. Nous consultons les différentes associations du secteur. On veut que ça soit fait dans l'ordre."

Le financement de l'hôtel sera entièrement privé, assure-t-on partout.

"Il n'y a pas de subvention attachée à cet aménagement parce que sa construction a lieu dans un secteur sensible, affirme la conseillère Roy. On peut travailler sans l'obligation d'accorder des subventions. Cela a été le cas à l'auberge Saint-Antoine dans le Vieux-Québec."

La Ville entend par contre s'acquitter de ses responsabilités, comme l'aménagement de la Promenade du coteau Sainte-Geneviève.


 
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