Florent Cousineau
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Saint-Roch, empreinte indélébile
6 jul 2004

Auteur: Bossé, Olivier




Le Soleil 22 mai 2004
C'est arrivé près de chez vous !
Laferrière, Michèle
Longueur : Moyen ( 663 mots )

Ulysse Dubois vit dans une ruche. Une ruche de béton ! Érigée au coeur de Saint-Roch, elle pique la curiosité. On la dirait faite de papier, mais elle a la solidité...

La Presse 1 août 2004
FESTIVAL DE THÉÂTRE DE RUE DE SHAWINIGAN
Dumas, Ève
Longueur : Moyen ( 598 mots )

Le huitième Festival de théâtre de rue de Shawinigan s'ouvrait dans une certaine confusion, vendredi. Plusieurs personnes semblaient chercher leurs repères, géographiques et autres, dans le centre-ville surchargé. Les démarches...

Cyberpresse 1 août 2004
Perte de repères
Ève Dumas
Longueur : Moyen ( 570 mots )

Le huitième Festival de théâtre de rue de Shawinigan s'ouvrait dans une certaine confusion, vendredi. Plusieurs personnes semblaient chercher leurs repères, géographiques et autres, dans le centre-ville surchargé. Les démarches...

Le Soleil 31 juillet 2004
Coups de coeur urbains
Laferrière, Michèle
Longueur : Long ( 1121 mots )

Québec regorge d'édifices, neufs ou restaurés, qui donnent à leur bout de rue, à leur quartier ou à la ville une beauté et un souffle inspirants. Dans la foulée de...

Le Soleil 6 juillet 2004
Saint-Roch, empreinte indélébile
Bossé, Olivier
Longueur : Moyen ( 651 mots )

La revitalisation du quartier Saint-Roch subsistera comme l'empreinte la plus significative laissée par Jean-Paul L'Allier au cours de son règne à la mairie de Québec. Mais un quartier ne fait...

Le Soleil 3 juillet 2004
Viens chez moi, j'habite chez un artiste !
Longueur : Moyen ( 587 mots )

Au siècle dernier, Saint-Roch, au sud du boulevard Charest, pullulait d'entrepôts, de garages, de fabriques de textiles et d'ateliers de charretiers. Aujourd'hui, le quartier est envahi par les artistes. Si...


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Le Soleil
Style, samedi 22 mai 2004, p. H1
C'est arrivé près de chez vous !
Une ruche de béton au coeur de Saint-Roch

Laferrière, Michèle

Ulysse Dubois vit dans une ruche. Une ruche de béton ! Érigée au coeur de Saint-Roch, elle pique la curiosité. On la dirait faite de papier, mais elle a la solidité du roc. À l'instar d'une trentaine d'artistes de tous horizons, Ulysse y dort et y travaille, en faisant son miel de l'effervescence d'un quartier qui n'en finit plus de renaître.

À l'angle des rues de Sainte-Hélène et de la Couronne, cette ruche en pleine ville abrite 33 ateliers-résidences, ainsi que l'École des arts visuels de l'Université Laval. Elle tire son surnom de son avancée grise faite de bandes de béton flexible, un matériau dont la texture rappelle celle du papier fait main. En réalité, cet ancien immeuble industriel s'appelle les Ateliers du roulement à billes, clin d'oeil à la General Bearing qui y avait jadis ses quartiers.

La ruche

Ulysse Dubois vit justement dans la portion de l'édifice qui fascine touristes et résidants : la ruche. Il est musicien, sculpteur et peintre, bref artiste, condition qui lui a permis d'acheter son magnifique loft, en vertu du programme d'aide à l'acquisition d'ateliers d'artistes de la Ville de Québec. Il ne risque pas d'oublier son environnement urbain : à quelques mètres de ses fenêtres, des ouvriers construisent un immeuble de plusieurs étages qui abritera l'Institut national de la recherche scientifique. Ça bourdonne d'activité partout autour et les bruits qu'on entend sont plus que des bzzzz-bzzzz.

L'appartement d'Ulysse ressemble à une cathédrale. Par sa hauteur, il est prestigieux. Un mur légèrement incliné vers l'extérieur nous rappelle qu'on se trouve dans la ruche. Il est percé de plusieurs petites fenêtres rectangulaires, qui semblent avoir été disposées au hasard.

Dénudé, l'étage inférieur recèle tout de même quelques trésors. Une splendeur que cette armoire gigantesque qui sépare la pièce principale de la cuisine ! Alors qu'il faisait des travaux de peinture au Petit Séminaire de Québec, Ulysse l'avait aperçue, avant d'apprendre que les pères voulaient s'en débarrasser. Ils la lui ont donnée, moyennant quelques menus travaux. Ne lui restait qu'à la transbahuter dans son loft. "Il nous a fallu un lift", mentionne-t-il.

Dans la sombre petite cuisine, une colonne de béton déformée attire les caresses par son aspect lisse et brillant. C'est ici qu'arrive en scène l'artiste Florent Cousineau, l'ami du béton. La colonne-sculpture est son oeuvre, ainsi que tout le béton qui enveloppe, recouvre et personnalise les Ateliers du roulement à billes. "Ici, tous les plafonds sont en béton "peau d'éléphant"", explique-t-il en désignant les "pliures visibles" qui prennent l'apparence de lignes et de traits sur ce matériau ennobli sous ses mains.

Des porcheries aux ruches

Florent Cousineau a changé la face de Saint-Roch en y important le béton flexible qu'il avait découvert chez Betflex, une entreprise de Sherbrooke. "C'est un matériau très peu coûteux qui servait pour les porcheries", dit-il. Aujourd'hui, il en fait des ruches ! Mais disons qu'il a dû être persuasif pour convaincre les fonctionnaires de la Ville de la beauté du béton.

Si Saint-Roch se tient fièrement debout maintenant, c'est en grande partie grâce à l'audace de cet artiste aux talents de promoteur. Son béton flexible embellit des immeubles aux quatre coins du quartier. Et Florent Cousineau poursuit toujours ses recherches sur ce matériau. Il le travaille comme de la dentelle et du papier. Et il rêve d'en tirer des drapés. "J'aime rendre la ville joyeuse, lance-t-il. Je me démène comme un diable dans l'eau bénite depuis les années 80 dans Saint-Roch. J'ai montré que j'étais capable de bénévolat. Ça en prend des troubadours comme moi !"

Il est probablement le seul être humain en ville à trouver de l'intérêt aux berges bétonnées de la rivière Saint-Charles. Le béton résiste à l'eau, au feu et aux talons hauts. Dans le hall des Ateliers du roulement à billes, les artistes ne craignent pas d'abîmer les murs, puisqu'ils sont en béton. Le long des coursives, l'ocre des parois extérieures est trompeur, mais c'est bel et bien de béton qu'il s'agit !

Florent Cousineau est accueilli en frère par tous les artistes qui nous ont ouvert les portes de leurs ateliers-résidences. Chacun lui glisse une confidence, lui rappelle une anecdote, lui expose ses tracas. Ulysse Dubois, lui, s'est souvenu du concert privé offert par une musicienne de Boston dans son loft-ruche. Y avait-il des spectateurs jusque dans la mezzanine qui lui sert de chambre à coucher et de salle de dessin ? La lune se faufilait-elle par le puits de lumière ? Le foyer réchauffait-il tout l'espace ? Il paraît, en tout cas, que la performance fut béton !

MLaferriere@lesoleil.com


Illustration(s) :

Villeneuve, Jean-Marie
L'immeuble Les Ateliers du roulement à billes abrite 33 ateliers-résidences, ainsi que l'École des arts visuels de l'Université Laval. Il a hérité de ce nom pour faire référence à la "General Bearing" qui occupait autrefois les lieux.
Par sa hauteur, l'appartement d'Ulysse Dubois est prestigieux. Dénudé à souhait pour y laisser respirer quelques belles acquisitions, dont une splendide armoire provenant du Petit Séminaire de Québec.
Florent Cousineau poursuit ses recherches sur le béton flexible qui embellit des immeubles aux quatre coins de Saint-Roch.
Dans cette ruche où vit Ulysse Dubois, peintre, sculpteur, musicien, une solide colonne fracturée semble avoir la fragilité du papier.


Catégorie : Consommation
Sujet(s) uniforme(s) : Arts visuels
Taille : Moyen, 663 mots

© 2004 Le Soleil. Tous droits réservés.

Doc. : news·20040522·LS·0118





news·20040522·LS·0118




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La Presse
Arts et spectacles, dimanche 1 août 2004, p. ARTS SPECTACLES5
Critique

FESTIVAL DE THÉÂTRE DE RUE DE SHAWINIGAN
Perte de repères

Dumas, Ève

Le huitième Festival de théâtre de rue de Shawinigan s'ouvrait dans une certaine confusion, vendredi. Plusieurs personnes semblaient chercher leurs repères, géographiques et autres, dans le centre-ville surchargé. Les démarches sont éclatées à un point tel cette année qu'il faut plus que jamais mettre les étiquettes de côté.

Mais encore fallait-il bien identifier les spectacles, performances, installations et autres interventions difficilement qualifiables pour que l'on sache à qui et à quoi on avait affaire. Ce problème de signalisation était en voie de se régler, en fin de soirée, tandis que des bénévoles accrochaient des fiches descriptives, pictogrammes inclus, devant chaque " station ".

Pour ajouter au chaos, les activités n'avaient pas toujours lieu à l'heure prévue. Le Théâtre de la pire espèce n'a pu donner la dernière représentation d'Un citoyen... Accusez la pluie! Des problèmes de son ont forcé Didier Lucien et l'équipe de Golgotha à annuler deux shows sur trois. Gaëtan Laporte a quant à lui dû reporter La Chute de Slack pour cause d'achalandage trop important. Comme on le répète souvent à l'organisation du Festival, le vendredi soir, c'est la générale.

Pour éviter les frustrations, la meilleure approche était donc de papillonner, libre de toute attente, comme les dizaines de milliers de personnes débarquées à Shawinigan pour l'événement.

Avant même l'ouverture officielle, vers 19 h, il y avait une myriade de choses à voir, côté installations. Fuite inoffensive, de Mario Duschesneau, est sans contredit le plus frappant de ces fixes. L'artiste a créé un immense rideau de vêtements qui, de par son ampleur, provoque une impression de démesure et d'indécence à la fois. En haut d'un escalier, dans une ruelle, on peut aussi apercevoir une maison qui déborde de ces mêmes flots de tissus fuyants.

Sur un terrain de pétanque aux abords de la 5e Rue, Christopher Varady-Szabo a installé son stand de tir. Il invite les passants à façonner des balles avec de la boue fraîche qu'ils peuvent ensuite lancer sur des murs de paille. Construite à partir de matériaux propres à la vie rurale, sa Prairie de mise est un sympathique défouloir pour urbains (trop) civilisés.

L'artiste béninois Dominique Zinkpè promenait pour sa part son taxi dangereusement vertical dans une 5e Rue bondée de gens. On le regardait passer ou on embarquait, pour devenir instantanément le centre d'attention du moment.

Très jolie installation que celle de Florent Cousineau. À l'entrée d'une ruelle (ou à la sortie, c'est selon), il nous asperge d'une pluie plus vraie que nature, si bien que lorsque la vraie de vraie s'est manifestée, en fin de soirée, on pouvait croire que c'était le vent qui poussait les gouttelettes artificielles jusqu'à nous. Dans la même ruelle, l'artiste a aussi disséminé des éléments de salle d'eau pour créer une zone à la fois intime et insolite.

Et qu'en est-il du " vrai " théâtre de rue, si l'on peut s'exprimer ainsi? Depuis deux ans, les milieux du théâtre, des arts visuels et de l'art " performance " se partagent le territoire. Une discussion portant sur la définition du théâtre de rue tel qu'il se pratique à Shawinigan se tenait justement hier midi, modérée par le sociologue-rappeur (!) Guy Sioui-Durand. Quelques pistes ont été lancées, mais assez timidement. La discussion se poursuit aujourd'hui, même heure, même endroit.

Quelques commentaires bien éclairés auront été prononcés par des membres de Générik Vapeur, et pour cause: la compagnie française a récemment fêté ses vingt ans d'expérience en arts de la rue. Son spectacle, Théâtre d'une rue, témoigne d'une maîtrise évidente de cette pratique par une utilisation à la fois poétique et politique de l'espace citoyen. Mais vendredi soir, la technique n'était pas encore au point pour cette adaptation shawiniganaise d'un spectacle qui se veut toujours en phase avec le lieu où il est présenté. Ils avaient deux jours pour s'ajuster.

Avec Bienvenue à, la compagnie ARGGL! exploite également la ville de manière pertinente. Dans Beauté intérieure, balade urbaine créée l'été dernier dans le même contexte, l'auditeur devenait confident d'un homme laid. Cette fois-ci, Olivier Choinière fait de nous des touristes désorientés. Muni d'un plan et d'un audioguide, le marcheur doit s'abandonner au rêve et au souvenir. Il doit aussi faire des choix. L'ensemble s'avère un peu difficile à gérer, jusqu'à ce qu'on comprenne qu'il n'est pas interdit, dans la vie, de sortir des sentiers battus.

C'est ce que fait encore cette année le Festival de théâtre de rue de Shawinigan, qui se poursuit ce soir avec toutes les activités susmentionnées... et 40 autres.


Illustration(s) :

FTRS
Si la représentation offerte vendredi soir par la compagnie française Générik Vapeur témoignait de sa grande maîtrise du théâtre de rue, la technique n'était pas encore au point pour cette adaptation shawiniganaise d'un spectacle qui se veut toujours en phase avec le lieu où il est présenté.


Catégorie : Arts et culture
Sujet(s) uniforme(s) : Humour; Théâtre
Taille : Moyen, 598 mots

© 2004 La Presse. Tous droits réservés.

Doc. : news·20040801·LA·0063





news·20040801·LA·0063




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Cyberpresse
Dimanche 1 août 2004
FESTIVAL DE THÉÂTRE DE RUE DE SHAWINIGAN
Perte de repères

Ève Dumas
La Presse

Le huitième Festival de théâtre de rue de Shawinigan s'ouvrait dans une certaine confusion, vendredi. Plusieurs personnes semblaient chercher leurs repères, géographiques et autres, dans le centre-ville surchargé. Les démarches sont éclatées à un point tel cette année qu'il faut plus que jamais mettre les étiquettes de côté.

Mais encore fallait-il bien identifier les spectacles, performances, installations et autres interventions difficilement qualifiables pour que l'on sache à qui et à quoi on avait affaire. Ce problème de signalisation était en voie de se régler, en fin de soirée, tandis que des bénévoles accrochaient des fiches descriptives, pictogrammes inclus, devant chaque « station ».

Pour ajouter au chaos, les activités n'avaient pas toujours lieu à l'heure prévue. Le Théâtre de la pire espèce n'a pu donner la dernière représentation d'Un citoyen... Accusez la pluie! Des problèmes de son ont forcé Didier Lucien et l'équipe de Golgotha à annuler deux shows sur trois. Gaëtan Laporte a quant à lui dû reporter La Chute de Slack pour cause d'achalandage trop important. Comme on le répète souvent à l'organisation du Festival, le vendredi soir, c'est la générale.

Pour éviter les frustrations, la meilleure approche était donc de papillonner, libre de toute attente, comme les dizaines de milliers de personnes débarquées à Shawinigan pour l'événement.

Avant même l'ouverture officielle, vers 19 h, il y avait une myriade de choses à voir, côté installations. Fuite inoffensive, de Mario Duschesneau, est sans contredit le plus frappant de ces fixes. L'artiste a créé un immense rideau de vêtements qui, de par son ampleur, provoque une impression de démesure et d'indécence à la fois. En haut d'un escalier, dans une ruelle, on peut aussi apercevoir une maison qui déborde de ces mêmes flots de tissus fuyants.

Sur un terrain de pétanque aux abords de la 5e Rue, Christopher Varady-Szabo a installé son stand de tir. Il invite les passants à façonner des balles avec de la boue fraîche qu'ils peuvent ensuite lancer sur des murs de paille. Construite à partir de matériaux propres à la vie rurale, sa Prairie de mise est un sympathique défouloir pour urbains (trop) civilisés.

L'artiste béninois Dominique Zinkpè promenait pour sa part son taxi dangereusement vertical dans une 5e Rue bondée de gens. On le regardait passer ou on embarquait, pour devenir instantanément le centre d'attention du moment.

Très jolie installation que celle de Florent Cousineau. À l'entrée d'une ruelle (ou à la sortie, c'est selon), il nous asperge d'une pluie plus vraie que nature, si bien que lorsque la vraie de vraie s'est manifestée, en fin de soirée, on pouvait croire que c'était le vent qui poussait les gouttelettes artificielles jusqu'à nous. Dans la même ruelle, l'artiste a aussi disséminé des éléments de salle d'eau pour créer une zone à la fois intime et insolite.

Et qu'en est-il du « vrai » théâtre de rue, si l'on peut s'exprimer ainsi? Depuis deux ans, les milieux du théâtre, des arts visuels et de l'art « performance » se partagent le territoire. Une discussion portant sur la définition du théâtre de rue tel qu'il se pratique à Shawinigan se tenait justement hier midi, modérée par le sociologue-rappeur (!) Guy Sioui-Durand. Quelques pistes ont été lancées, mais assez timidement. La discussion se poursuit aujourd'hui, même heure, même endroit.

Quelques commentaires bien éclairés auront été prononcés par des membres de Générik Vapeur, et pour cause: la compagnie française a récemment fêté ses vingt ans d'expérience en arts de la rue. Son spectacle, Théâtre d'une rue, témoigne d'une maîtrise évidente de cette pratique par une utilisation à la fois poétique et politique de l'espace citoyen. Mais vendredi soir, la technique n'était pas encore au point pour cette adaptation shawiniganaise d'un spectacle qui se veut toujours en phase avec le lieu où il est présenté. Ils avaient deux jours pour s'ajuster.

Avec Bienvenue à, la compagnie ARGGL! exploite également la ville de manière pertinente. Dans Beauté intérieure, balade urbaine créée l'été dernier dans le même contexte, l'auditeur devenait confident d'un homme laid. Cette fois-ci, Olivier Choinière fait de nous des touristes désorientés. Muni d'un plan et d'un audioguide, le marcheur doit s'abandonner au rêve et au souvenir. Il doit aussi faire des choix. L'ensemble s'avère un peu difficile à gérer, jusqu'à ce qu'on comprenne qu'il n'est pas interdit, dans la vie, de sortir des sentiers battus.

C'est ce que fait encore cette année le Festival de théâtre de rue de Shawinigan, qui se poursuit ce soir avec toutes les activités susmentionnées... et 40 autres.

Pour nous écrire : cyberpresse@cyberpresse.ca


Sujet(s) uniforme(s) : Humour; Théâtre
Taille : Moyen, 570 mots

© 2004 Cyberpresse. Tous droits réservés.

Doc. : news·20040801·CY·10408748921




news·20040801·CY·10408748921




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Le Soleil
Style, samedi 31 juillet 2004, p. H3
Coups de coeur urbains

Laferrière, Michèle

Québec regorge d'édifices, neufs ou restaurés, qui donnent à leur bout de rue, à leur quartier ou à la ville une beauté et un souffle inspirants. Dans la foulée de sa série Québec vu par... qui débute aujourd'hui, LE SOLEIL a demandé à trois amoureux de la ville de Québec, à trois hommes qui l'ont arpentée et qui connaissent ses recoins, ses trésors cachés et ses petits miracles, de désigner leurs trois bâtiments préférés. Pour établir leurs choix, nos experts devaient se baser sur des critères qui mettent en relief des réalisations urbaines et récentes. Vous constaterez que certains édifices sont loin de satisfaire à ces exigences. Qu'importe ! Après tout, le but de cet exercice était avant tout d'éveiller les gens de Québec à la beauté de leur ville. Le résultat est intéressant, surprenant, discutable parfois, mais ô combien révélateur de l'attachement que les membres de notre "jury" portent à leur ville.

MARTIN DUBOIS, CONSULTANT EN PATRIMOINE ET CHARGÉ DE COURS À L'ÉCOLE D'ARCHITECTURE

1: Le stationnement Odéon, rue de la Chapelle, quartier Saint-Roch.

"Je ne pouvais pas ne pas choisir une réalisation du quartier Saint-Roch, quartier en pleine effervescence depuis une dizaine d'années. Le problème était de choisir laquelle. J'ai arrêté mon choix sur le stationnement Odéon, car j'estime que ce projet constituait un grand défi. Le vieux stationnement étagé était tellement délabré que certains, dont j'étais, l'estimaient irrécupérable. Les architectes ont non seulement réussi à le rénover, mais ils lui ont donné un nouveau look très intéressant en mariant des modules de maçonnerie d'argile et des parois de lamelles translucides. Des oeuvres du sculpteur Florent Cousineau, très actif dans le quartier, agrémentent les façades. Le soir venu, la lumière qui traverse différents filtres donne un aspect fort intéressant. Cette réalisation démontre qu'un stationnement, ce n'est pas nécessairement laid."

Réalisation : Bernard et Cloutier, architectes, 2001-2002

2 : L'École de foresterie et de technologie du bois, Duchesnay

"Ce centre de formation professionnelle, situé en pleine nature près de la station écotouristique de Duchesnay, est à plusieurs égards un projet bien intégré à son milieu. Les concepteurs ont tenté avec succès de créer un dialogue entre l'architecture et la nature environnante. D'abord, les matériaux choisis, le verre, le bois et la pierre, créent un lien organique avec le site. L'omniprésence du verre génère des jeux de réflexion et de transparence, et les murs revêtus de cèdre rouge rappellent à la fois la fonction du lieu et son implantation en pleine forêt. Malgré les références à l'environnement, les architectes ont voulu rappeler le caractère industriel de l'activité enseignée en laissant apparents la structure métallique et les équipements de mécaniques des bâtiments."

Réalisation : Régis Côté et Associés, architectes / Onil Poulin, Jacques Villeneuve, architectes, 1999-2000

3 : L'École de cirque, 2e Avenue, Limoilou

"Il s'agit du recyclage de l'ancienne église Saint-Esprit de Limoilou en école de cirque. À première vue, cette fonction semble incompatible avec le caractère sacré d'un lieu de culte, mais cette reconversion s'est finalement avérée un choix judicieux, en raison du grand espace et surtout de la grande hauteur qu'offrait l'intérieur de l'église. Tout en intégrant des éléments contemporains aux couleurs ludiques, les concepteurs ont fait preuve d'une grande sensibilité quant au respect de l'architecture existante, en s'assurant de la réversibilité des interventions. [Advenant] le départ de l'école de cirque, l'église pourrait reprendre son aspect d'origine ou être reconvertie à d'autres fins. J'ai choisi cette réalisation car elle ouvre la porte à l'inventivité et à la créativité dans le recyclage des lieux de culte, principal défi de conservation architectural dans les prochaines années, étant donné la grande quantité d'églises qui seront disponibles et la difficulté de leur trouver de nouvelles vocations compatibles."

Réalisation : ABCP, Architecture et Urbanisme, 2002

LOUIS-GUY LEMIEUX, JOURNALISTE ET ANCIEN CHRONIQUEUR URBAIN AU SOLEIL.

1: La galerie Rouje, rue Saint-Joseph, quartier Saint-Roch.

"Prenez un édifice commercial à moitié abandonné dans un quartier clochardisé et faites-en une galerie d'art et un lieu de création ouvert à toutes les expressions artistiques. Grâce au jeu des couleurs, où domine le rouge vif, et à celui des matériaux (verre et aluminium), Marie-Chantale Croft et Éric Pelletier ont fait d'une façade désespérément étroite un lieu attirant. Le local tout en profondeur, sur deux étages, permet expositions, installations multiples, lancements de disques et de livres, spectacles, pièces de théâtre, etc. La galerie Rouje est devenue, en trois ans d'existence, un endroit hot à Québec."

Réalisation : Croft et Pelletier, architectes

2 : Le théâtre Capitole, place D'Youville.

"Construit en 1903, le théâtre Capitole fait partie des meubles de la Cité. Tellement, qu'on le tient pour acquis. Un peu comme le Château Frontenac, dont il est un contemporain. On oublie qu'il a été laissé à l'abandon, ouvert aux itinérants et aux goélands, hiver comme été, durant 10 ans, entre 1982 et 1992, et ce, dans l'indifférence générale. C'est un des scandales locaux, dans une ville qui n'en manque pas au point de vue du patrimoine bâti. Les erreurs du passé sont oubliées devant les qualités de cette restauration exemplaire. Il faut souligner qu'il s'agit d'une réalisation conjointe du privé et du public. Aux yeux de l'architecture et du design, ce théâtre a plus de valeur aujourd'hui qu'au moment de sa construction, il y a 100 ans. Un petit hôtel de 40 chambres et un restaurant-terrasse font partie intégrante de la restauration. De même que l'ajout d'une salle de type cabaret. Les chambres sont comme les loges du théâtre et les dîneurs ont l'impression de faire partie du spectacle. Il faut aussi voir le nouveau Capitole des hauteurs de la promenade des remparts : un mélange réussi d'architecture contemporaine et ancienne."

Réalisation : Denis St-Louis et Associés, architectes; Bernard Serge Gagné et Jean-Gilles Lemieux, architectes

3 : Les laboratoires AEterna, parc technologique, Sainte-Foy.

"On aimerait spontanément habiter cet édifice, tant ses proportions sont équilibrées, ses formes et ses volumes, harmonieux, et les matériaux, riches par leurs couleurs et leur texture. Il s'agit pourtant bel et bien d'un centre de recherche pharmaceutique. Le bâtiment est constitué de trois volumes (ou modules) qui en délimitent les principales fonctions. Une publication de l'école d'architecture a déjà souligné qu'il s'agissait d'une architecture s'appuyant sur le mouvement. Le premier module, le plus impressionnant et imposant, est revêtu de bois de teinte orangée. Ses bandes de fenêtres donnent l'impression que le toit vole et que tout le bâtiment est en lévitation. Pourtant, l'ensemble est d'une solidité à toute épreuve et répond aux besoins spécialisés de l'entreprise."

Réalisation : Pierre Thibault, architecte, avec la collaboration de De Montigny, Métivier, Hébert, Fortin, architectes

RÉJEAN LEMOINE, HISTORIEN ET CHRONIQUEUR À "QUÉBEC EXPRESS", À RADIO-CANADA

1 : Le théâtre Impérial, rue Saint-Joseph, quartier Saint-Roch.

"Mon premier coup de coeur va à la restauration du théâtre Impérial, de la rue Saint-Joseph. L'édifice construit en 1917 abritait l'un des premiers cinémas parlants de Québec. Au fil des ans, on a démoli le cinéma de Paris, ainsi que plusieurs cinémas dans le quartier Saint-Sauveur. Mais l'Impérial est toujours là, avec sa belle devanture en terracotta, même s'il a été négligé à l'époque où il s'appelait le Midi-Minuit. L'édifice est passé de salle de cinéma porno à quelque chose de très important qui, à mes yeux, symbolise la revitalisation du quartier Saint-Roch."

Réalisation : Les architectes Plante et Julien

2: La coopérative d'habitation de la rue Saint-Ambroise, quartier Saint-Sauveur.

"Cet édifice situé sur la rue Saint-Ambroise à l'angle des Récollets, mérite d'être connu. Il a été construit en 1915 par un marchand de tabac. Il a été transformé en coopérative d'habitation à la fin des années 70. Le bâtiment a été entièrement conservé. Notamment, et surtout, le coin vitré de la maison, qu'on appelle aussi logette, qui est d'architecture oriel monumental. Dans les années 70-80, alors qu'on démolissait tout à Québec et que les gouvernements n'avaient de l'argent que pour construire des autoroutes, les coops d'habitation ont été les premières à faire du recyclage d'édifices. Dans leur cas, le recyclage a servi à loger des gens. C'est tout à leur honneur."

3 : L'école de rang numéro deux, boulevard Saint-Jacques, quartier Neufchâtel, à Québec.

"Je vais vous surprendre avec ce choix. Mais c'est dans ce quartier que l'on retrouve les derniers paysages agricoles de Québec. Malheureusement, on a scrapé beaucoup de fermes et de maisons victoriennes, au nom de l'étalement urbain et de la construction d'autoroutes dans le secteur des Méandres. J'ai connu cette école il y a une trentaine d'années, elle avait des bardeaux de cèdre et une toiture à la canadienne, elle était typique des années 30. On l'a laissée aller, elle a été vandalisée par des jeunes, elle a été incendiée et elle est devenue un ramassis de vieux bois. Moi je dis qu'elle a été massacrée à cause de l'inertie de politiciens qui n'ont aucune notion de ce qu'est le patrimoine. J'estime que le même travail d'évangélisation devrait être fait pour la protection du patrimoine de la banlieue. Cette école de rang est située près de l'un des plus beaux parcs de la région, le parc Chauveau. C'est un atout dans le secteur et la Ville devrait travailler pour protéger cet ensemble. Mais elle ne pense qu'à rallonger l'autoroute Du Vallon."

MLaferriere@lesoleil.com


Illustration(s) :

Labbé, Érick;
Villeneuve, Jean-Marie;
Bernier, Jocelyn;
Lavoie, Raynald;
Laroche, Patrice


Catégorie : Consommation
Sujet(s) uniforme(s) : Architecture et urbanisme
Taille : Long, 1121 mots

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Doc. : news·20040731·LS·0133





news·20040731·LS·0133




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Le Soleil
Actualités, mardi 6 juillet 2004, p. A5
L'Allier annonce son départ
Saint-Roch, empreinte indélébile

Bossé, Olivier

La revitalisation du quartier Saint-Roch subsistera comme l'empreinte la plus significative laissée par Jean-Paul L'Allier au cours de son règne à la mairie de Québec. Mais un quartier ne fait pas une ville, et ses 16 années de gouvernance laisseront des traces aux quatre coins de la capitale.

Alors que M. L'Allier a annoncé hier qu'il ne briguerait pas un cinquième mandat en novembre 2005, l'heure est déjà aux rétrospectives. LE SOLEIL a interrogé quelques intervenants-clés de la région pour connaître leur bilan de l'administration L'Allier.

"Le quartier Saint-Roch, c'était une verrue en plein centre-ville qui a causé des problèmes à tous les autres maires" avant lui, expose Yvan Lachance, vice-président exécutif et directeur général de la Chambre de commerce des entrepreneurs de Québec (CCEQ). "C'est un gros défi auquel il a dû faire face dès son arrivée, et il l'a relevé de main de maître", poursuit celui qui a joint les rangs de la Chambre de commerce régionale de Sainte-Foy, maintenant CCEQ, à l'époque où M. L'Allier accédait au poste de maire.

M. Lachance souligne l'important appui manifesté par Jean-Paul L'Allier et son équipe au milieu culturel. Un discours qui trouve écho au coeur même de la communauté artistique. Florent Cousineau, artiste en arts visuels et protagoniste de plusieurs projets dans Saint-Roch, n'a que de bons mots pour le maire sortant. "L'Allier a su aller chercher des artistes pour rêver la ville", lance-t-il, convaincant et convaincu.

Selon Cousineau, la mise sur pied d'un programme d'aide à l'acquisition et à la rénovation d'ateliers destinés aux artistes en 1996 constitue l'oeuvre maîtresse de M. L'Allier. "Depuis le début, il a toujours été à l'écoute des doléances des artistes. Il a permis aux artistes de demeurer à Québec" au lieu de s'expatrier à Montréal ou à Toronto.

Cousineau signale également l'implantation du complexe multidisciplinaire Méduse - "pourtant très contestée à l'époque" - et l'éclosion de l'art dans les espaces publiques. "Il a compris qu'il y a d'autre chose à faire que de remplir les trous dans la rue pour rendre une ville joyeuse."

Embellissement

Comme d'autres intervenants, la présidente de la Chambre de commerce de Québec, Francine Lortie, relève quant à elle l'effort global d'embellissement. "Il laissera une ville très différente de celle qu'il a pris, une ville beaucoup plus belle", constate Mme Lortie. Elle ajoute que M. L'Allier prenait grand soin de l'image de Québec, autant sur la scène locale que planétaire.

Mais, puisqu'on a souvent les qualités de ses défauts, il reléguait parfois le reste au second plan. "Le développement économique, ce n'était pas sa plus grande force, concède Mme Lortie. Mais il y travaillait de plus en plus, et on souhaite que ça continue."

Outre le quartier Saint-Roch, la nouvelle grande ville de Québec aura certainement été l'autre principal cheval de bataille du maire. Le premier aura triomphé avec plus de panache que le second, si on en croit Réjean Lemoine, chroniqueur urbain à la radio de Radio-Canada. "Il reste des cicatrices."

Fin observateur de la sphère municipale durant l'ère L'Allier, lui qui a passé huit ans au poste de conseiller à la mairie de Québec, M. Lemoine dresse un bilan plutôt positif de la période L'Allier. Il soulève tout de même certains points moins reluisants, tels le transport en commun et le recyclage. "Mais si on ne réussi pas à faire ce qu'on veut en 15 ans, je pense qu'on ne réussira jamais."



 
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